L'eau potable a Pau

Au fur et à mesure du développement des villes et de la transformation progressive des villages en villes, l'alimentation en eau potable par les fontaines publiques pose des problèmes car la consommation d'eau devient très importante. On assiste à une croissance de la demande, ce qui pose des problèmes en temps de sécheresse avec un tarissement ou une diminution de la quantité d'eau.
Les besoins en eau sont divers et variés ; la demande revêt plusieurs fonctionnalités : hydratation, abreuvage des animaux, nettoyage des voitures, arrosage des chemins poussiéreux en été, entretien des voies publiques, lavage du linge, approvisionnement des établissements publics (bains publics, hôpitaux, casernes) et professionnels (artisanat, hôtellerie, cafés), en cas d'incendies.
Au XIXe siècle, les habitants de la ville de Pau se procurent l'eau potable par 2 fontaines, 17 puits publics et 360 puits privés. L'eau des deux fontaines, celle du ravin du Hédas et celle de Trespoey, était d'une excellente qualité.

Pau : A l'Abreuvoir ; Carte postale ; MIAL Orthez (Basses-Pyrénées) : Laveuses au Gave ; Neurdein (éditeur, Paris) ; Carte postale ; Collection particulière Appropriation de la Maison des Bains pour la création d'une salle des  fêtes : Façades sud et nord ; Eugène Pélerin, 1887 ; Plan, encre et  aquarelle 54 x 42 cm ; Archives communautaires


La fontaine du Hédas était alimentée par quatre sources situées dans la Haute Plante et une située dans l'actuelle rue Carnot. La ville attachait une grande importance à la propreté de la fontaine et a mis en place plusieurs interdictions. C'est à partir de 1713 et jusqu'à 1923 que l'entretien de la fontaine fut confiée à un fontainier.
Les bassins du gave voient s'installer les filières de l'industrie et de l'artisanat avec de grandes firmes locales. Les habitants quant à eux dépendent toujours des fontaines publiques jusqu'en 1862, année de la mise en place de l'alimentation en eau potable de la ville.

Page extraite de Les eaux potables de Pau au point de vue de l'hygiène et de l'économie domestiques, par Emile Duhourcau, Pau Ribaut, 1889 ; Oeuvre imprimée ; 22 p. ; 24 cm ; MIAL Plan de la ville de Pau. Echelle 1 / 10 000 ; dressé par A. Perret (géomètre en chef) vers 1850 ; Lemercier (imprimeur, Paris) ; Plan, 23 x 30 cm ;  MIAL


La saleté récurrente dans la ville a poussé la municipalité à instaurer un réseau hydraulique. En effet, les eaux sales ainsi que les fumiers des bêtes sont jetés dans la rue où se développent des odeurs nauséabondes et prolifèrent des microbes. La question d'un réseau hydraulique se posait depuis 25 ans (une tentative en 1858 est abandonnée au profit du théâtre). Plusieurs fois le projet est rejeté par crainte des coûts et des dimensions générales d'un tel projet. C'est en 1862 que le maire de Pau, Jean-Baptiste Castetnau, fait appel à ses habitants afin de s'exprimer sur la question. Deux ingénieurs des Ponts et Chaussées dressent un projet adopté par le Conseil municipal. Ce plan prévoit le captage des eaux de la source du Néez sur la route des Eaux-Bonnes, en amont de la commune de Rébénacq. Plus tard, cette source se révèlera être une partie du Gave d'Ossau. Cette source fut acquise par la ville de Pau à la suite d'un décret signé par Napoléon III qui déclarait d'utilité publique l'établissement d'une distribution d'eau par la ville de Pau. Son débit moyen était de 3 500 litres par seconde.

Jean-Baptiste Castetnau. (1er) adjoint de la mairie ; Eugène Devéria ; 1843-1845 ; Dessin, mine de plomb sur papier coquille ; Musée national du château de Pau Mémorial des Pyrénées ; N°100 ; 21 août 1855 ; MIAL Rébénacq (B P) : Pont sur le Néez ; APM (éditeur, Paris) ; Carte postale ; Archives départementales 64


Ses eaux furent guidées par une conduite libre en béton jusqu'à Guindalos, où elles entraient dans un réservoir construit en maçonnerie. De ce réservoir partait une conduite forcée en fonte jusqu'à la place Gramont, pour s'y partager et distribuer l'eau en ville dans un petit réseau d'une trentaine de kilomètres de longueur. Mais le débit prévu initialement ne correspondait pas aux attentes et impliquait une révision. Une deuxième conduite de distribution fut alors construite en 1885 et qui pénétrait dans la ville jusqu'au carrefour des Sept cantons.

Aménagement de la conduite d'amenée d'eau depuis la résurgence de Rébénacq vers la station de production d'eau potable de Guindalos, 1952-1953 ; Don de M. Louis-Henri Sallenave, collection de Louis Sallenave, maire de Pau ; Photographie noir et blanc, 12 x 18 cm, Archives communautaires Place Grammont à Pau (Basses-Pyrénées) ; Charles Mercereau (dessinateur et lithographe) ; Sinnet (éditeur, Paris) ; 1860 ; Estampe (lithographie en couleurs) Pau : La Place des Sept Cantons ; Neurdein (éditeur, Paris) ; Carte postale ;  MIAL


La vision sur la pureté de l'eau commença à changer vers la fin du XIXe siècle. On se rendit compte qu'elle reposait surtout sur sa qualité bactériologique. La ville de Pau décida de filtrer son eau potable.
Désormais, le système d'alimentation hydraulique de la ville de Pau est constamment élargi, renouvelé et retravaillé. La ville a gardé la gestion en régie de l'alimentation hydraulique. C'est au début du XXe siècle, avec l'arrivée des compteurs, que la ville a pu mieux lutter contre les excès lors des évaluations.

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