Eau vive - eau captive, une exposition de Jean-Christophe Poumeyrol

Accès Eau vivante

Accès Conduites forcées


L'approche des Pyrénées
se fait souvent par une ascension. C'est le premier réflexe de celui qui découvre et qui cherche à profiter d'un point de vue sur les vastes territoires sauvages qui constituent les Pyrénées.

J'ai voulu découvrir d'autres paysages plus secrets et tout aussi magnifiques, suivre la rivière depuis la vallée. J'ai dû descendre vers le ruisseau par des sentiers souvent pénibles à parcourir, à peine visibles, peu fréquentés, connus seulement des pêcheurs et des adeptes du canyonisme.
En suivant la rivière dans son écrin de roches, j'ai découvert des paysages complexes, sombres  et mystérieux. La rivière qui se cache dans ce chaos sublime ne livre sa beauté glacée qu'a celui qui fait l'effort de multiples détours.  Il s'agit pour moi de trouver dans ce magnifique désordre un cadrage pour ma photo. Je vais à la recherche de paysages proches et communs, j’espère simplement en faire découvrir qui passaient inaperçus.

L'eau est vivante ici, aucun doute n'est possible, elle bondit, écume, chute d'une paroi vertigineuse. La vie animale est bien présente également, les traces de sanglier bien visibles dans la forêt, les truites abondantes. À l'abri d'un vallon, un  petit cours d'eau héberge cet animal bizarre, endémique des Pyrénées : l'Euprocte, qui a trouvé là le seul milieu favorable à son bien-être.

Au détour d'une route ou d'un chemin, on se retrouve parfois face à l'un de ces ouvrages de notre patrimoine industriel destiné à la production d'électricité.
Pour ma part, je ne peux rester indifférent à leur présence dans le paysage, leur dimension m'impressionne et j'imagine difficilement comment quelques hommes ont trouvé le courage et la volonté de mettre en place de tels équipements.
Le travail dans le froid, sous la pluie ou la neige, lors de journées qui n'en finissent pas, tout cela devait être épouvantable et certains ont sûrement payé de leur vie l'usage que nous faisons de ce milieu naturel. J'espère pouvoir montrer dans mes photos cette noblesse et la poésie qui s'en dégage, je pense à Jules Verne pour qui la science et l'ingénierie étaient source de romanesques aventures.

Mais ma curiosité est vive
et j'aimerais comprendre, avoir une vue plus pertinente. Je n'ai que des questions et pas de réponse. Quel est l'impact réel de ces constructions hydroélectriques sur le milieu naturel ? On canalise une eau de montagne "Sauvage", que je crois limpide et propre, qui sera sans doute précieuse dans l'avenir, est-ce sans conséquence ?
Cette posture interrogative, je voulais qu'elle soit inscrite dans mes images. Certaines ont pris la forme de diptyques, où le simple fait d'associer deux photos d'un même site oblige le spectateur à se poser la question de savoir pourquoi elles sont réunies. Un de ces diptyques montre la proximité d'un massif d'encrage numéroté M1, avec la bordure du Parc National. De façon symbolique, la question est posée de l'impact réel de ces constructions hydroélectriques sur le milieu naturel.
Sur d'autres, on peut s'apercevoir que si l'homme dispose de moyens et de volonté pour inscrire dans le paysage de tels équipements, la nature n'est, quant à elle, pas dépourvue de ressources pour contrer cette colonisation. La rouille, l'humidité, le gel, la végétation, les chutes de pierres sont autant d'outils efficaces à sa disposition pour se débarrasser ou faire usage à son profit de ces installations. Il est ainsi amusant de noter qu'un équilibre se crée et que l'homme est parfois contraint à de gigantesques travaux pour conserver l'usage qu'il fait du milieu naturel.

Jean-Christophe Poumeyrol

Exposition Poumeyrol

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